122 millions de vues en quelques semaines : c’est le chiffre brut qui a propulsé 365 jours au sommet des tendances sur Netflix, laissant derrière lui un public partagé entre fascination et perplexité. La dernière scène, loin de rassembler, a lancé une vague de décryptages et de discussions sans fin sur la destinée de Laura et le sens véritable du film.
Retour sur les derniers instants de 365 jours : ce que montre vraiment la scène finale
Difficile d’ignorer la tension palpable qui imprègne la scène finale de 365 jours : l’année d’après. Sur Netflix, la trilogie s’achève sur une note incertaine, laissant Laura (Anna-Maria Sieklucka) à la croisée des chemins, face à Massimo (Michele Morrone) et à l’ombre de Nacho (Simone Susinna). La mise en scène ne tranche pas : Laura reste figée, habitée par le doute. Les regards échangés, les silences pesants, tout concourt à installer une atmosphère suspendue. Aucun mot décisif n’est prononcé. Le spectateur se retrouve alors devant une fin ouverte : Laura part-elle avec Massimo, ou succombe-t-elle à son attirance pour Nacho ? Rien n’est explicité, tout demeure possible. Cette absence de résolution, choisie par Barbara Białowąs et Tomasz Mandes, s’éloigne résolument de la logique des happy ends classiques. Le film s’écarte aussi du roman de Blanka Lipińska, où le sort de Laura s’avère beaucoup plus net. Ici, la caméra s’attarde sur le visage de l’héroïne, captant ses hésitations, ses contradictions, et referme la saga sur une question non résolue. Cette ambiguïté, soulignée par des plans serrés et une réalisation au cordeau, confère à la conclusion un parfum de réalisme et d’audace qui ne laisse personne indifférent.
Pourquoi la fin divise autant les spectateurs ?
Ce choix scénaristique a mis le feu aux poudres. Les réactions, passionnées, se multiplient aussi bien sur les réseaux sociaux que dans les analyses de la presse. Certains saluent ce refus de tout manichéisme, cette capacité à laisser le public imaginer la suite et à bousculer les codes du genre érotique. D’autres, au contraire, y voient un artifice, une esquive frustrante qui ne fait qu’accroître la confusion. Pour mieux comprendre la nature des critiques, voici les principaux reproches adressés à la fin du film :
- De nombreux spectateurs jugent le dénouement trop abrupt, reprochant à la saga de ne pas clore le triangle amoureux entre Laura, Massimo et Nacho.
- Les réactions sont parfois radicales : plusieurs pétitions ont circulé pour demander le retrait du film de la plateforme, signe d’un malaise profond.
Pour certains, la complexité du personnage de Laura méritait mieux qu’une simple suspension narrative. Pour d’autres, le film passe une nouvelle fois à côté d’une vraie réflexion sur la relation toxique entre Laura et Massimo. Les accusations de complaisance autour du syndrome de Stockholm ou de la culture du viol ne faiblissent pas. Au final, 365 jours cristallise des clivages bien réels : il interroge la responsabilité du cinéma sur la façon dont il met en scène le désir, le pouvoir et le consentement, tout en révélant la diversité des attentes du public face à la fiction érotique actuelle.
Les différences majeures entre le film et les livres sur le destin de Laura
L’écart entre le scénario du film et la trame des livres de Blanka Lipińska saute aux yeux, surtout pour ce qui concerne le parcours de Laura. En s’adaptant pour Netflix, la saga prend ses distances avec la version littéraire et multiplie les zones d’ombre. Là où le film laisse Laura indécise, le roman lui offre une trajectoire bien plus affirmée. Dans les livres, Laura divorce de Massimo, entame une nouvelle vie avec Nacho et attend même un enfant de ce dernier. Ce virage, absent à l’écran, transforme profondément l’issue de l’intrigue. Les romans ne reculent pas non plus devant la violence : Massimo, rongé par la jalousie, va jusqu’à tuer le chien de Laura et la droguer pour la garder à ses côtés. Cette noirceur radicale n’apparaît pas dans la version Netflix, qui préfère suggérer plutôt que montrer frontalement.
Pour mieux saisir les contrastes, voici les écarts majeurs entre le film et le livre :
- Dans le roman, Laura quitte Massimo ; le film s’arrête avant toute rupture.
- La grossesse de Laura avec Nacho, centrale dans les livres, disparaît totalement de l’adaptation.
- La cruauté de Massimo atteint un sommet dans le texte original avec la mort du chien, scène évacuée du film.
En optant pour la nuance et la suggestion, Tomasz Mandes et Barbara Bialowas laissent leur héroïne en suspens, loin des prises de position définitives du roman. Résultat : chaque spectateur peut projeter ses propres attentes, ses propres repères sur la conclusion, ce qui alimente encore le débat.
Au-delà du choc : interprétations et enjeux de cette conclusion controversée
La dernière séquence de 365 jours : l’année d’après va bien au-delà d’une simple indécision amoureuse. Entre Anna-Maria Sieklucka et Michele Morrone, le trouble s’installe, héritage d’une saga qui, dès ses débuts, questionne les frontières du consentement et la représentation de la violence à l’écran. Les prises de position sont tranchées. Certains dénoncent une vision masculine, un male gaze appuyé, et une glorification de la masculinité toxique et de l’hypersexualisation des personnages féminins. Des critiques s’élèvent contre la façon dont la relation Laura-Massimo romantise la domination et la violence sexuelle, au point de provoquer la création de pétitions pour demander le retrait du film sur Netflix.
Cependant, le dernier opus tente d’ajuster le curseur. Le consentement de Laura, plus explicite, marque une évolution dans le traitement de son personnage. Mais le choix des réalisateurs de ne rien résoudre laisse en suspens toutes les questions de fond. Le spectateur, confronté à cette indétermination, doit lui-même démêler les fils du désir, du pouvoir et de la liberté. Ce parti-pris divise, fascine ou dérange, mais invite chacun à questionner ses propres limites face à la fiction et à ce qu’elle dit, ou tait, sur la réalité. Quand l’écran s’éteint, la question reste entière : qu’aurait fait Laura, et qu’aurions-nous voulu voir à sa place ?

